Welcome to the black parade.

 Welcome to the black parade.
NAIVE.

Dancing-yeaah, c'est l'histoire de Jake. Jake Parker. Une fille perdue, un peu comme tout le monde. comme n'importe qui. Enfin, surtout comme moi. Jake enchaine les erreurs. Elle a mal. Elle regrette. Elle pleure. Elle rit. Elle vit. Jake, elle tente de vivre bien que ce ne soit pas toujours facile. C'est vrai, elle connait bien cette petite chose insignifiante qui s'imisce et qui fout toute une vie en l'air. Oui, comme vous, elle connait. En fait, ce qui est bien avec Jake, c'est qu'elle existe. Si, tendez l'oreille. Ecoutez la musique au dehors. Vous ne l'entendez pas ? Regardez en vous. Au plus profond de vous. Vous ne la voyez pas ? Jake est là.

# Posté le samedi 15 mars 2008 05:09

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 10:11

001.

Naive - The Kooks_

Elle a des ambitions. Pas de rêves .Non. Elle n'aime pas parler de rêves. Selon elle, C'est un mot bien trop grand. Elle est d'une incroyable banalité,si vous saviez. Non pas Que ce soit un reproche, loin de là, mais elle n'a rien de si extraordinaire. Certains mènent des vies hollywoodiennes, des rebondissements quotidiens. Pas elle. Elle est plutôt discrète.
Elle n'aime pas être reconnue. Du moins elle souhaiterait être une inconnue aux yeux de tous.
Une de ces personnes qui ne retiennent pas l'attention, que l'on oublie juste en fermant les yeux. Elle considère cette distance comme une protection. Juste une protection. Elle se protège d'eux. Ces gens qui en un seul geste, un seul acte, une seule parole peuvent briser votre vie. Briser le peu que vous ayez construit. Les promesses brisées. Les pertes. La stupidité. Les peurs. N'avez-vous jamais eus peur ? N'avez-vous jamais ressenti cette sensation de vide ? Ce sentiment de perte ? Elle si. Elle pense savoir mieux que personne ce que l'on peut ressentir dans ces situations. Elle n'a peut-être pas tort. Elle ne connaît que trop bien ces questions qui vous embrument l'esprit, ces sensations ne reviennent vers elle que trop souvent pour qu'elle ne les oublie. Ce n'est que lorsque son tourne-disque se déclanche qu'elle oublie. Qu'elle se sent bien. Enfin, elle croit. Elle ne saurait dire ce qu'est aller bien pour elle. Elle, c'est Jake. Jake. Elle aime ce prénom. Un prénom masculin. Il ne marque que davantage cette différence qui lui tient tant a c½ur. Elle est en terminale. Bientôt la fin de l'année scolaire d'ailleurs. Elle a hâte vous ne pouvez vous imaginer. Hâte que tout ceci s'arrête, de quitter ce lycée où elle possède d'innombrables étiquettes. Elle étudiera ce qu'elle aime, où elle veut .Elle pourra être ce qu'elle veut. Elle sourit à cette pensée. Elle marche dans cette rue bondée. Elle observe tous ces gens pressés. Certains semblent sûr d'eux. Ils affichent cet air satisfait sur leurs visages pâles. D'autres ont l'air déboussolés.
Elle passe son chemin sans vraiment y prêter attention. Parfois, certains lui adressent un timide sourire ou un regard bref. Tant pis. Elle continue. Elle se considère comme la réincarnation de la solitude et l'insociabilité. Enfin, c'est ce qu'elle veut bien dire, ce qu'elle veut bien montrer. Certains tente ou ont tenté de la percer a jour. En vain. Remarquez, pas pour tous. Quelques uns y sont parvenus. Ils sont peu. Ils sont peu mais là. Elle se dit que c'est ce qui compte.
Ses écouteurs sont vissés ses oreilles. Le volume est a fond. Elle aime ces moments. Ces moments où elle sent le vent froid sur son visage. Ces moments où seule la musique lui tient compagnie.
Elle s'engouffre dans les rues de Paris. L'ambiance est pluvieuse, grise et froide.
Jake aime les mardis soir pluvieux. Elle aime se retrouver face à la pluie. Vous savez, voir ces gouttes s'abattrent sur les vitres. Souvent, son vinyl préféré se fait entendre dans ces moments là.
Elle est en retard. Ils vont l'attendre. Eux. Parlons en. Ce sont les deux seules personnes qui la connaissent vraiment. Elle les aime. Depuis quinze ans. Quinze longues années.
Il y a L ucas. Son meilleur ami, son frère. Elle aime cette sensation de petitesse lorsqu'elle se tient a côté de lui. Elle aime ses cheveux or en bataille. Ils se complètent en quelque sorte .Moralement parlant bien sûr. Et puis il y a Medley.
Elle se souvient la première fois qu'elles se sont parlées. Elles avaient trois ans. Mais cela ne se contrôle pas ces choses là. Medley. Jake sourit en pensant a ce prénom. C'est une chanson des Doors. Elle l'aime cette chanson. Elle l'aime tout comme elle aime cette jeune fille. Sa s½ur. Sa confidente. Elles sont si identiques tout en étant différentes et complexes a la fois. C'est ce qui fait que leur amitié est si forte. Du mois, elle croit.
Elle arrive enfin a destination. Le café au coin du boulevard des Capucines. Elle passe devant cette mythique salle de concert. Le souvenir de ses premiers concerts lui vient en tête. Elle se souvient du premier vrai concert. Le meilleur. Le plus beau de sa vie. Avec Medley. Le groupe qui passe ce soir lui est inconnu. Tant pis . Elle pousse la porte. Balaye la salle du regard. Ils sont là. Ils rient de tout et de rien. Un sourire se dessine sur ses lèvres. Un peu malgré elle.
Rien que de les voir lui fait du bien. Il n'y a qu'eux qui y parviennent. Ils l'aperçoivent enfin, elle se fraye un chemin jusqu'à eux , contournant toutes ces tables occupées par tant de monde.
Elle s'assied lentement, un sourire toujours sur ses lèvres. Lucas lui lance un regard. Un de ceux qui exprime le reproche, l'habitude et l'amusement. Un de ceux dont lui seul a le secret. Un de ceux qui vous font aller bien .


# Posté le samedi 15 mars 2008 05:28

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 10:12

002.

Mozella - light years away_


Elle s'assied lentement, un sourire toujours sur ses lèvres. Lucas lui lance un regard. Un de ceux qui exprime le reproche, l'habitude et l'amusement. Un de ceux dont lui seul a le secret. Un de ceux qui vous font aller bien.

- Tu es en retard, dit-il, encore une fois !
- Je sais, excusez moi.

Son sourire se fait alors plus timide. Elle est toujours en retard. Ils se disent qu'elle ne serait pas Jake si elle ne l'était pas . C'était sa personnalité. C'était elle.
La nuit tombe peu a peu sur le boulevard des capucines. Ils sont toujours là, tous les trois. Ils ravivent des souvenirs . Leurs souvenirs, les bons moments comme les mauvais. Certains datent d'une quinzaine d'années, d'autres d'une quinzaine de jours. Jake aime cela. Elle aime cette sensation de stabilité. Elle en a toujours manqué, de stabilité. Elle aime ce petit quelque chose qui vous donne un repère, qui vous maintient lorsque vous croyez vous sentir sombrer.
Vient pour eux le moment de se quitter. Celui qu'ils détestent . Jake s'enfonce alors dans la nuit noire, branche son lecteur, comme d'habitude. « The Kooks « se fait entendre. Elle apprécie. Les lumières colorées défilent sur son passage. C'est bientôt Noël. La période ou le monde déborde de joie et de bonheur. Un peu trop peut-être. Elle n'aime pas cette période, cette ambiance. Elle doit bien être la seule d'ailleurs. Elle se dit que cela renforce une fois de plus cette différence. Tant mieux. Et puis a quoi bon reproduire ce même schéma ridicule tous les ans ? Noël. Cette fête a perdu toute sa magie, son enthousiasme, son importance il y a bien des années. Les années. Parlons en. A quoi bon se souhaiter les uns les autres une bonne année alors qu'elle sera toute aussi médiocre ou pire que la précédente ?
Jake s'est déjà posé toutes ces questions. Elle a d'ailleurs trouvé ses réponses. C'est rare. Elle sera seule cette année. Pour changer. C'est n'est pas pour lui déplaire, bien au contraire.
Elle marche toujours le long de cette grande avenue. Elle observe le monde autour d'elle. Ce monde perdu et sûr de lui à la fois. Ce monde qui l'effraie tant.
Elle rentre silencieusement chez elle. Il n'y a pas un bruit, pas un rire. Pas même un souffle. Rien. Jake vit seule depuis près d'un an. Ses parents travaillent constamment dans des pays différents. Elle se dit que cela lui permet de voyager au moins une fois par an. N'importe qui voudrait cette chance. Et puis, elle aime sa solitude. Ils lui manquent. Ils lui manquent même si elle refuse de se l'admettre. Elle est bien trop fière pour cela, elle se contente d'enfouir cette pensée dans un recoin isolé de son esprit.
Elle met un disque de mozella. « light years away » . Elle s'étend sur son lit, fixe son plafond et tente de mettre ses pensées au clair. Pas facile.
Elle fait une sorte de bilan. Un bilan de sa vie. Elle sait qu'à seulement dix-huit ans elle ne peut amplement parler de vie. Disons plutôt une ébauche. Le commencement, l'apprentissage, la genèse. Un peu comme un livre, une chanson ou un dessin.
Cette ébauche, c'est selon elle la meilleure période. C'est celle où l'insouciance vous enivre jusqu'à l'overdose, celle où vous ne vous souciez d'aucun acte, d'aucune conséquence. Vous ne vous préoccupez en rien de ce qu'est la vie. De ce qu'elle représente et de ce qu'elle implique. Vous ne vous inquiétez en aucun cas des notions de bien ou de mal, de bonheur et désespoir, d'espoir ou de crainte.
Toutes ces notions contraires qui vous paraissent tant éloignées mais qui pourtant ne sont délimitées que par un pas. Un seul pas. A vous de savoir si vous voulez ou si vous devez le franchir.
Elle finit par lâcher prise. Elle cesse de lutter contre ces images, ces mots et ces idées qui s'embrument dans sa tête. Tout s'éloigne, tout parait plus simple , plus beau. Ce n'est qu'une illusion. C'est n'est que le sommeil qui la gagne petit à petit.




go here_ 0ctober-23rd


# Posté le dimanche 16 mars 2008 14:13

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 10:12

003

Jack's Mannequin - The Mixed Tape_



Elle sent les rayons perçants du soleil traverser ses yeux clos. Elle les ouvre difficilement. Ces rayons l'éblouissent tant qu'elle met quelques minutes à se souvenir amplement de sa soirée. Elle est encore habillée. Elle sourie en s'en apercevant. Elle jette un ½il à son cadran. 8h07. Elle entend la porte d'entrée claquer. Elle aurait du avoir peur, elle aurait du sentir son c½ur battre tellement fort si bien qu'elle aurait eut l'impression qu'il était dans sa gorge. Elle aurait du, seulement, elle sait pertinemment qui monte les marches aussi rapidement, qui s'apprête à rentrer en trombe dans cette pièce si silencieuse. La porte de sa chambre s'ouvre à la volée. Une masse de cheveux roux aux reflets or se jette sur Jake sans qu'elle n'ai le temps de se rendre totalement compte. Medley tait toujours cela, tous les matins. C'est une habitude. Leur habitude.

Elles sortent enfin. C'est drôle. Le soleil est à son beau fixe en cette fraîche matinée de décembre. Elle aime sentir cette chaleur sur son visage tant tiré par le froid.
Certains voient le soleil comme un guide. Un élément leur rappelant qu'aussi mauvaise que puisse être leur journée, aussi perdus qu'ils puissent être, il y aura toujours quelque chose, aussi insignifiant qu'il soit, pour les relever, les ouvrir au monde et les pousser à garder la tête haute. D'autres le considère comme un astre qui parfois faiblit et s'incline face à la pluie. Jake serait la dernière à juger. Elle ne connaît que trop bien ces situations, ces questions pour se le permettre.
Elles se rendent au lycée. Une fois de plus. Elle s'apprête à revêtir ces étiquettes, à tous les voir. Les voir juger son attitude, ses goûts, sa solitude. Elle a comprit depuis bien longtemps qu'il ne sert a rien de lutter, de rétorquer ou même de se venger. Elle ne s'abaissera pas à ce niveau, elle ne leur fera pas cette faveur. Elle a comprit que les plus à plaindre dans le fond, ce sont eux. Eux et leurs jugements. Ils se cachent derrière des opinions, des masques, des actes. Pas elle. C'est ce qui l'aide à se taire, à les mépriser comme eux la méprise, à les ignorer. Ils la voient comme une personne méchante et solitaire.
Si c'est ce qu'ils veulent...
Un son strident la sort de ses pensées. Elles sont en retard. Medley la traîne jusqu'à leur place habituelle, derrière Lucas. Le cours commence. Littérature. Au moins une heure qu'elle écoutera.

La dernière sonnerie retentit. Nous sommes maintenant le 19 Décembre. Jour des vacances de Noël. Des cris de joie se font entendre dans toute l'enceinte du bâtiment. On croise des sourires dans chaque salle, chaque couloir, chaque recoin.
Jake traverse lentement le long couloir qui la mène à la sortie. Elle tente d'imaginer ces deux prochaines semaines. Elle esquisse un léger sourire. Elle tente de planifier en quelques sortes. Elle ne sait pas planifier les choses. Dehors, la neige a recouvert la ville. Un manteau recouvre les toits, les voitures, les rues. Un peu comme si il les protégeait.
Lucas et Medley sont probablement déjà sortis. Elle en profite pour faire un tour de la ville. Elle passe devant ce café. Leur café. Puis vient cette boutique, au coin de l'avenue. Elle y passe tellement de temps qu'on pourrait s'y méprendre à la confondre avec son domicile. Elle aime sentir cette odeur de renfermer quand elle y pénètre. Voir tous ces vinyls rangés. Entendre la musique de fond. Tous ce qu'elle connaît par c½ur. Elle termine son tour par un jardin. Elle s'arrête et le fixe. Il a changé. C'est ici qu'elle les a connus tous les deux. Elle s'en souviendra toute sa vie, aussi loin que puissent être ces souvenirs. Elle continue son chemin sans vraiment faire attention. Elle finit par se retrouver chez elle. Elle passe la porte et la referme a tout ce qui la poursuit au dehors.

Les heures défilent. Puis les jours. Nous sommes le 27 décembre. Noël est passé, enfin. Ses parents lui ont envoyé un cadeau et l'on appelée. Elle n'en attendait pas tant. Cela lui a fait du bien au fond. Elle n'a vu personne depuis ce vendredi là. Elle reste ici, dans cette immense demeure. Elle se lève calmement, grignote des céréales, enfile le premier jean à sa portée, un tee-shirt des Ramones et va affronter la neige jusque sa boîte a lettres. Près d'une semaine qu'elle reproduit ce même schéma répétitif. Elle claque la porte, son courrier dans la main. Facture. Facture. Carte de v½ux. Facture. Une de ces enveloppes la démet de tout mouvement. Elle lui est adressée. Jake la fixe. Ses mains tremblent. Doit-elle l'ouvrir ? Sûrement. Elle avait postulé dans un grand magazine musical pour un stage de journalisme de quelques mois. Elle a maintenant la réponse qu'elle attend depuis des mois. Une lettre. Une seule lettre. Cette lettre décide de son avenir a présent.
Le soir tombe. Elle ne peut détacher ses yeux de cette grande enveloppe. Elle se sent ridicule. Ridicule d'être terrorisée par des mots. De simples mots. Une voix familière la sort de ses pensées. Lucas. Il affiche son habituel sourire rassurant.
Il ne l'a pas vue depuis quelques jours. Il sait qu'elle va mal et qu'elle ne le montre pas. Il l'admire pour ça d'une certaine manière. Il sait aussi qu'elle ne veut pas aborder le sujet. Pas même avec lui ou Medley. Il sait tout ça mais il se tait. C'est sa façon de l'aider. Particulière, il en a bien conscience. Il voudrait qu'elle oublie. Il voudrait qu'elle se change les idées. Il voudrait qu'enfin elle commence à vivre. A vivre sa vie.

# Posté le samedi 22 mars 2008 05:45

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 10:12

004

The Fray - Dead Wrong_

Il s'assied au pied de l'étagère. Celle de droite, a coté du tourne-disque. Jake le fixe, prend l'enveloppe d'un geste vif et la lui tend.

- ouvre la s'il te plaît. Je n'y arrive pas. Je n'y arriverai pas.

Il la dévisage d'un air étonné. Elle est toujours là, face à lui. L'attente la brûlant de l'intérieur. Lucas prend l'enveloppe encore un peu humide par la neige , les yeux plongés dans ceux de Jake. Son regard exprime de l'impatience, de la peur aussi.
Il ne pourrait définir. Il finit par l'ouvrir. Un sourire se dessine au fur et à mesure que ses yeux parcourent les phrases.

- Ta candidature est retenue. Ils veulent une réponse.

Ces quelques mots résonnent dans sa tête. Elle ne peut pas le croire. L'angoisse fait place à la légèreté, au soulagement. Elle se jette sur lui . Ils rient. Ce n'était pas arrivé depuis longtemps. Il se détache alors d'elle lentement. Le silence se réinstalle dans la pièce. Il le brise sans réfléchir :

- Tu dois accepter. C'est ton rêve. Tu as l'occasion de le réaliser. Montre leur de quoi Jake Parker est
capable. Tu le mérites. Et comme je te l'ai dis, on te donne ta chance. A toi de la saisir. On devrait tous la saisir. Le regret est le pire sentiment au monde. Personne de devrait le ressentir. Tu le regretteras si tu refuses. A toi de faire en sorte que cela n'arrive pas.

Il a raison. Elle le sait. Elle doit le faire. Elle verra bien ce qui arrivera par la suite. Pour la première fois, elle agit sans réfléchir, sans se poser de questions. Pour la première fois , elle agit sans avoir peur.
Elle lui sourit et retourne à son dessin. Lucas, lui, regarde dans l'enveloppe.
Il y deux places de concert. Offertes par le magazine. C'est un groupe peu connu.
C'est peut- être intéressant. Il lève les yeux vers Jake. C'est l'unique occasion de lui changer les idées. De lui montrer l'extérieur, Ce monde qui lui fait tant peur. Elle est réticente. Elle ne préfère pas . Beaucoup de monde y assistera sûrement. Elle ne veut pas passer la soirée au milieu de gens qu'elle ne connaît pas . C'est étrange non ? Et pourtant vrai.
Il finit par la convaincre. Il la convint toujours. Depuis qu'ils sont enfants. Ils partent. Elle se laissera porter par la musique , comme toujours. Ils pénètrent dans cette petite salle. Petite, mais qui parait si grande avant qu'elle soit amplement remplie. Petit à petit, elle se laisse apprivoiser.
Les lumières se baissent. Les accords commencent à courir. Il avait raison. Elle se laisse emporter. Elle s'enivre de ces paroles, de ces mélodies, de ces voix. Elle se fiche d'eux, tout autour. Ils sont là pour la même raison qu'elle après tout.
Elle oublie. Enfin. C'est son moment. Leur moment. A cet instant, c'est comme si ils étaient redevenus enfants. Comme si leur insouciance leur avait été rendue, ne serait-ce que pour quelques heures.


Il fait nuit noire. Ils sont maintenant en voiture. La neige a cessé de tomber. La route est glissante. Ces dernières heures défilent devant les yeux rêveurs de la jeune femme. Cette lettre. Ce concert. Lucas. Pour une fois, rien ne viendrait ternir sa journée. Peut-être allait elle enfin aimer les fêtes de fin d'année, allez savoir.
Elle ne pense pas à tout ça. Pas ce soir en tout cas. Ils parlent. Ils rient. Il avait eut raison de l'inciter à sortir de son univers pour une soirée. Juste pour une soirée.
A ce moment, tout dérape. Jake sent la voiture dévier, glisser de plus en plus. Elle ne comprend pas. Elle ne sait pas. Elle entend un grincement. Les pneus, probablement. Elle sent le bras de Lucas se contracter contre son ventre. Un choc.
Un choc violent. Une sensation de chaleur s'empare d'elle. Des frissons lui parcourent le corps aussi. Tout s'emmêle, tout se mélange. Une douleur la ronge. Une douleur atroce. Elle ne voit rien. Juste un trou noir. Elle se sent partir, comme emmenée. Ses yeux s'ouvrent a peine d'eux même. Sa vision est floue. Un peu trop pour qu'elle ne puisse distinguer quoi que ce soit. Quelques lumières, de la fumée. Elle entend des sirènes au loin. Elle a bien trop mal pour réfléchir. Elle sent le béton glacé sous sa peau brûlante. Elle ne sait comment elle a bien pu atterrir sur ce sol gelé.

# Posté le mercredi 26 mars 2008 16:17

Modifié le jeudi 29 octobre 2009 10:12